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Théorie critique française : les sens de la critique ?



Faisant suite à la journée d’étude “French critical theory ?” en 2017, cette journée poursuit l’hypothèse d’un courant de pensée dans la philosophie politique française qui diffère de ce que la réception anglo-saxonne a nommé la French Theory (Deleuze, Derrida, Foucault, Lyotard…), et qui se dessine plutôt autour de la constellation Merleau-Ponty, Lefort, Abensour, Castoriadis, Balibar et Rancière, sans vouloir épuiser par là la liste. Nous y trouvons une attention importante sur la signification de la démocratie et la rationalité du conflit en termes d’indétermination et d’ouverture, issue en partie d’un règlement de compte avec l’héritage marxiste. Rupture consommée par le retour vers « les choses politiques » et la notion de démocratie, redéployée comme sauvagerie ou insurgeance, projet d’autonomie ou communautés d’action. En réunissant des chercheurs qui mobilisent ces philosophes dans une interprétation critique du présent, pendant cette journée nous souhaitons interroger le sens, la portée et la méthode de la “critique” dans cette constellation, afin de questionner à la fois la cohérence de celle-ci, et ce qu’elle représenterait comme “moment” dans la philosophie politique.

Dans cette nouvelle édition la demande sur la French Theory se déplace de la possibilité d’affirmer son existence, de la question de savoir s’il existe une théorie critique française, à la mise en question des contenus et spécificités de sens de la critique. Qu’est-ce que cette constellation de pensée comprend pour critique ? C’est là le point de convergence, dialogue ou de divergence ? Existe-t-il un dialogue possible par rapport aux sens de la critique et qu’est-ce que cela veut dire dans chaque contexte et constellation de la pensée ? Ou peut-être par rapport à la critique et la question de ses sens il y a une autre possibilité. Peut-être la critique nomme quelque chose plus problématique que la possibilité d’entrevoir une fibre commune dans cet ensemble d’auteurs. Peut-être la critique signale moins une proposition conceptuelle -ou même une attitude de l’époque-, qu’un passage, chaque fois particulier, entre la théorie et le présent, entre la réflexion du politique et sa mise en scène toujours plurielle, particulière et multiple.

Le dialogue, possible ou impossible, il faut voir, prend alors la forme d’une question disséminée autour de « l’irritante question » du présent et de la critique, comme une manière de signaler les passages toujours problématiques entre cette constellation de la pensée et les apories, les défis et les périls qui habitent la réflexion de la praxis politique.

Comité d’organisation : Juan Pablo Yañez, Mattia di Pierro, Vincent Jarry, Diego Paredes Goicochea, Arthur Guichoux, Anders Fjeld, Giuseppe Santangelo


Programme

9h00 : Accueil

9h30-45 : Introduction

9h45-11h15 : Théorie française / et / critique ?
Président : Mohammad Vaféri

Mattia di Pierro (Scuola Normale Superiore / LCSP, Paris Diderot) : Penser une “théorie critique” à partir de Claude Lefort

Charlotte Cumer (LCSP, Paris Diderot) : Le lieu de la critique chez Michel Foucault

Agustín Volco (CONICET, Universidad de Buenos Aires) : Lefort lecteur de Machiavel

11h30-13h00 : Quelle critique de Lefort ? Sutures disciplinaire
Président : Anders Fjeld

Lucas Martín (CONICET, Universidad Nacional de Mar del Plata) : Claude Lefort : un réalisme polémique pour penser les phénomènes politiques

Diego Paredes Goicochea (Universidad Nacional de Mar del Plata) : Lefort et l’ontologie indirecte. Sur une interrogation philosophique du politique

Arthur Guichoux (LCSP, Paris Diderot) : L’esprit sauvage de la politique chez Lefort

13h00-14h30 : Pause

14h30-16h : La démocratie, l’amitié : les enjeux critiques
Président : Giuseppe Santangelo

Edouard Thoumire (LLCP, Université Paris 8) : L’amitié dans la pensée politique de Hannah Arendt : le retour du refoulé

Matías Sirczuk (CONICET, Universidad de Buenos Aires) : L’élusion de la démocratie : penser avec et contre Hannah Arendt (Écrit en collaboration avec Claudia Hilb)

Juan Pablo Yañez (LCSP, Paris Diderot) : Les sens amicaux de la critique chez Miguel Abensour

16h15-17h30 : La critique et l’au-delà ou Utopies et posthumains : les lieux de l’imaginaire critique
Président : Vincent Jarry

Guillaume Fauvel (Université de Rennes 1) : L’avènement des sociétés oublieuses ou l’apprentissage du posthumain dans un monde acosmique

Théodora Pétrogiannis (LCSP, Paris Diderot) : Du nowhere au now here : penser l’utopie et la communauté politique à partir d’Abensour et de Castoriadis à travers l’exemple de Libertalia et des navires pirates

Teresa Montealegre (Université Paris 8) : Critique du discours de l’impossibilité : Repenser l’utopie comme moteur de la politique émancipatrice chez Rancière

19h : Que font les murmures ? Critique et émancipation chez Rancière

À la librairie associative la Table des Matières, 51 Rue de l’Abbé Carton, 75014 Paris

Débat autour de La démocratie des murmures de Vincent Jarry
Discutant Anders Fjeld (LCSP, Paris Diderot / CriDIS, UCLouvain)





Documents

Programme (pdf, 965.3 ko).


Calendrier

  • mercredi 22 mai 2019, 09h-21h, Amphi Turing, Bâtiment Sophie Germain / Librairie associative La Table des Matières.
    Journée d’étude


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