Laboratoire du Changement Social et Politique


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Cyprien Tasset

Chercheur associé



Ma thèse de sociologie s’intitulait « Les intellectuels précaires, genèses et réalités d’une figure critique » (2015). Elle portait sur une zone de frictions entre différentes matrices critiques et sociologiques autour de la "précarité" et de l’autonomie. Mon intérêt pour la critique sociale s’est élargi depuis en direction de la question écologique. La recherche que j’ai entrepris sur ce thème porte sur l’expérience de la sidération catastrophiste (dans sa récente version "collapsologique"), ainsi que sur les tentatives de la faire déboucher sur des actions collectives. Ce travail en cours fait écho aux ambiguïtés des figures de retrait ou de refus au sein du précariat culturel, et me donne l’occasion d’approfondir l’héritage pragmatiste au sein duquel s’inscrivait ma thèse. En hommage au classique de Jacques Rancière sur le rapport au savoir chez les militants ouvriers au 19e siècle, on pourrait appeler ce chantier : "La nuit des collapsonautes. Archives de la hantise écologique".

À propos de l’Anthropocène et des "redirections" auxquelles il appelle, je participe au groupe https://origensmedialab.org/

Je suis par ailleurs membre du bureau du Réseau Thématique 38, « Sociologie de l’environnement et des risques », de l’Association Française de Sociologie, et animateur du carnet collapsocio.

cyprien.tasset@gmail.com

https://orcid.org/0000-0003-2047-8143

Publications :

  • Articles dans des revues scientifiques :

« Les « effondrés anonymes » ? S’associer autour d’un constat de dépassement des limites planétaires », La Pensée Écologique, dossier Les institutions au défi des limites planétaires, 2019.

Avec Adrien Mazières-Vaysse et Giulia Mensitieri : « La précarité : un analyseur des chantiers dans les sciences sociales critiques », introduction au dossier « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », Émulations, n° 28, 2018.

« Se catégoriser comme « intello précaire ». Les appropriations d’une proposition d’identité collective » : Politiques de communication, dossier « Les catégorisations contemporaines du monde social » ; 2018.

« La mesure des précaires. Revisiter la genèse de l’idée de précarité à la lumière des rapports à la quantification », Sociologie et sociétés, 49(1), pp. 215–237. doi:10.7202/1042816ar

« Identifying as a precarious knowledge worker in France. Ambivalences and variations », Sociologia del lavoro – Special Issue : Il lavoro delle relazioni. Commitment e processi di soggettivazione nel free work - 145/2017 (1). DOI : 10.3280/SL2017-145009

« Génesis y realidad del precariado intelectual en Francia. Un perfil de la crisis », Arxius de ciències socials, Special issue n°35 : “El impacto de la crisis en el Sur de Europa desde una perspectiva comparada : entre nuevas y viejas creencias”. 2017.

Avec Ivan Chupin & Aude Soubiron : « Entre social et ethnique. Les dispositifs d’ouverture à la “diversité” dans les écoles de journalisme en France », Terrains & Travaux, 2/2016 (n° 29), p. 217-236.

Avec Emmanuel Didier : « Pour un statactivisme. La quantification comme instrument d’ouverture du possible », Tracés, n°24, 2013, p. 123-140.

« La certification scolaire de la diversité », Éducation et Sociétés, n°27, 2011/1, p. 133-146.

« Entre sciences sociales, journalisme et manifestes : de la représentation de groupes sociaux réputés émergents dans la France des années 2000 », Les Enjeux de l’information et de la communication, supplément 2011.

« Construction d’enquête et définition des groupes sociaux : Réflexions à partir de Bohemian Paris de Jerrold Seigel », SociologieS, septembre 2010.

  • Coordination de dossiers :

Avec Laurence Allard et Alexandre Monnin : majeure "Est-il trop tard pour l’effondrement ?", Multitudes, n° 76, automne 2019.

  • « Une vague de discours sur l’effondrement semble déferler sur la France. À l’horizon de la décennie qui vient, une panique bancaire, une pénurie énergétique pourraient briser les chaînes d’approvisionnement qui remplissent nos supermarchés, nous laissant cruellement démunis… Que faut-il penser de cet imaginaire collapsologiste ? Robinsonnade, allié objectif des stratégies de choc, vecteur de désespoir démobilisant ? Ce dossier cherche à sortir des spéculations polémiques, pour observer comment les collapsonautes vivent l’effondrement en cours. La collapsologie fraie peut-être de nouvelles sensibilités et de nouvelles pratiques – différemment politiques. »

Avec Adrien Mazières-Vaysse et Giulia Mensitieri : dossier « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », Émulations, n° 28, 2018.

  • Chapitres/autres articles/interviews/traductions :

« Révolutions précaires, un manifeste pour une écosophie du précariat », in Séminaire Etape : Explorations libertaires. Pour une pensée critique et émancipatrice, Lyon, Atelier de création libertaire.

Avec Isabelle Gérardin et Adrien Mazières-Vaysse : traduction de Manuela Zechner : « Re-situer la précarité en temps de crise. Interdépendance et déplacements en espace(s) urbain(s) », dossier « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », Émulations, n° 28, 2018.

Avec Adrien Mazières-Vaysse et Giulia Mensitieri : « Overview on a Grounded précarité, interview with Angela McRobbie », dossier « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », Émulations, n° 28, 2018.

Notice « Intellectuels précaires », in Les zones grises des relations de travail et d’emploi. Un dictionnaire sociologique (M.-C. Bureau, A. Corsani, O. Giraud et N. Rey, (dir.), Teseo, 2019).

Avec Paolo Vignola, notice « Subjectivité », in Les zones grises des relations de travail et d’emploi. Un dictionnaire sociologique (M.-C. Bureau, A. Corsani, O. Giraud et N. Rey, (dir.), Teseo, 2019).

« Intermittents et précaires. Significations et origines d’une relation », Thaêtre, novembre 2016.

« Comment juguler la production de prolétaires intellectuels ? Les discours réformateurs contre la surproduction universitaire, 17è-21ès », in Y. Bettahar, F. Birck et M.-J. Mailfert (dir.), Les Universités au risque de l’histoire. Principes, configurations et modèles XIXe-XXe siècles, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 2014, p. 183-213.

« Les "intellos précaires" et la "classe créative" : le recours à la quantification dans deux projets concurrents de regroupement social », in I. Bruno, E. Didier, J. Prévieux (dir.), Statactivisme, Paris, La Découverte, 2014, p. 117-132.

  • Rapports :

Libres ou prolétarisés ? Les travailleurs intellectuels précaires en Île-de-France (avec Thomas Amossé et Mathieu Grégoire), rapport n°82 du Centre d’Études de l’Emploi ; mars 2013.

La diversité dans les écoles de journalisme : dispositifs, pratiques et résultats en termes d’insertion professionnelle, rapport pour la Conférence Nationale des Métiers du Journalisme (CNMJ), (avec I. Chupin et A. Soubiron), septembre 2012.

  • Recensions :

Recension croisée de Le Précariat. Les dangers ­d’une nouvelle classe, Guy Standing, ­l’Opportun, 2017 ; et Mapping Precariousness. Labour Insecurity and Uncertain Livelihoods, Emiliana Armano, Arianna Bove, Annalisa Murgia (ed.), Routledge, 2017, in Socio-économie du travail, 2019 - 1, n° 5. pp. 188-193.

« Arts de mourir et arts de savoir dans l’Anthropocène » (recension de deux essais de Roy Scranton), in Critique, 2019/1-2 (n° 860-861).

Avec Clotilde Riotor : « Fragile comme un matsutake » (Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde. Sur la possibilité de vivre dans les ruines du capitalisme, Paris, La Découverte, 2017), La Vie des Idées, février 2018 (traduit en anglais sur Books & Ideas).

« Une sociologie de la dépolitisation du changement climatique » (Jean-Baptiste Comby : La Question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public, Marseille, Agone, 2015), Sociologie, 2016/3 (Vol. 7), p. 325-328.

« L’émancipation dans la précarité » (Patrick Cingolani : Révolutions précaires. Essai sur l’avenir de l’émancipation, Paris, La Découverte, 2014). La Vie des Idées, Janvier 2015.

« La bohème sous tensions » (Bohème sans frontière, P. Brissette & A. Glinoer dirs., Rennes, PUR, 2010), EspacesTemps.net, septembre 2011.

  • Communications récentes :

« Faire atterrir socialement l’audience de l’effondrement », Journée d’études « Questionner l’effondrement », Lille, 21 novembre 2019.

« Luttes de définitions et bricolages catégoriels entre théories de l’effondrement et écologie politique », Congrès de l’AFS, RT 38 - Sociologie de l’Environnement et des Risques, août 2019 Aix-en-Provence.

« Enquêtes effondristes. Au-delà de l’emprise », au sein de l’atelier « Anthropocène : peut-on enquêter en pragmatistes sur les expériences et les diplomaties d’un monde en train de se défaire ? », avec M. Boutet, E. Bonnet, P. Cayre, D. Landivar, A. Monnin, école thématique du CNRS « Pragmatisme et enquêtes empiriques en sciences sociales : sur le terrain du politique », Porquerolles, 24-29 juin 2019.

« Les obstacles français et européens à la protection environnementale », colloque « L’outil juridique dans la protection environnementale » organisé par l’association Instinct Durable à l’Institut Catholique de Paris, le 9 avril 2019.

Emmanuel Bonnet, Diego Landivar, Alexandre Monnin, Cyprien Tasset, Sociologie pragmatiste et effondrement : prendre soin des mondes en train de se dé-faire. 23 janvier 2019. Séminaire de recherche du CSI – Maintenir/soutenir : de la fragilité comme mode d’existence.

« De la famine à la permaculture ? La question agricole dans la nébuleuse collapsologique. » Mercredi 21 Novembre 2018, séminaire « De l’agrochimie à l’agroécologie : une approche en terme de Valeur(s) » (axe Valuation du Biocontrôle (Valbio) du projet structurant BOOST de l’Université Côte d’Azur).

« Retour sur les premiers investissements savants et politiques de la précarité », le 18 octobre 2018 ; séance spéciale « La genèse de la précarité revisitée » du séminaire Thématique Master SPP (avec Jean-CLaude Barbier, Patrick Cingolani, et Guillaume Le Blanc).

« Ce que l’Anthropocène fait à la critique sociale », Masterclass à la MYNE (Manufacture des Idées & Nouvelles expérimentations), 9 Juillet 2018.

« Sous la bannière de l’effondrement. Un cas limite d’interprétation de la finitude matérielle du monde ». Colloque « Écologiser la société, matérialiser le politique. Mouvements sociaux et Transitions vers la durabilité » Strasbourg, Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme d’Alsace, 25-27 juin 2018.

Invité au Workshop CooPair (Reinventing Research and Inquiries through cooperation between artists, academics and publics) Ferme de la Treille (Cantal) 11-15 juin 2018.

« Esquisse d’une sociologie de l’expérience collapsologique », Séminaire Controverses environnementales et anthropologies de la nature (L. Centemeri, F. Chateauraynaud, J.-M. Fourniau, B. Hubert et V. Siniscalchi), séance « Avant, pendant, après la catastrophe : les sciences sociales face à l’inéluctable », EHESS, Marseille, le 9 février 2018.

  • Médias/diffusion de la recherche :

2019 : Interviewé par Justine Canonne, article « Dans l’antre des "effondrés" », Cercle Psy, n°34, dossier « Planète en danger : pourquoi est-il si difficile de changer ? ».

2019 : Interviewé par François Meurisse pour Les Jours.fr, article : « La collapsologie, vide de science ? » 7 juillet.

2019 : « Focus sur le dossier « Précarités » de la revue Émulation », interviewé, avec A. Mazières-Vaysse, dans « Les mondes rêvés de Georges », animé par P. Bruneteaux (CNRS).

2016 : « Politiques des précaires et supports de l’autonomie », in Sociologues dans la Cité (Carnet de l’AISLF), dossier « Résister : survivre ou s’organiser », coordonné par Bruno Frère (Ulg), juin 2016.

2014 : France Culture, « La pensée qu’on fragilise », Les Nouvelles Vagues, 9 septembre.

  • Résumé de la thèse :

Les intellectuels précaires sont la nomination synthétique d’une figure sociale qui, à travers des termes variables, était couramment évoquée au cours de la décennie 2000 dans des discours savants sur la société. Notre recherche a pris pour point de départ deux questions : celle des réalités de ce groupe théorique ou latent dans la société française contemporaine, et celle de sa propension à critiquer la société et même à nourrir ce que Luc Boltanski a appelé une « critique radicale » de celle-ci. Pour cela nous articulons une enquête de première main auprès de personnes occupant aujourd’hui des emplois précaires parmi les professions intellectuelles et culturelles, avec une approche généalogique. Celle-ci retrace la genèse et les métamorphoses de figures d’intellectuels défavorisés, comme figures de crise, depuis l’Ancien Régime jusqu’aux années 1970, montre la résurgence de ce thème au début du 21e siècle, et typologise les mises en forme inchoatives de ce groupe social dans les discours savants et politiques contemporains. De plus, à partir de sources syndicales, sociologiques, journalistiques et militantes, nous analysons la mise en place de trois modes de problématisation critique de la précarité et des précaires à la fin des années 1970, qui préfigurent les hésitations et les contradictions des rapports des personnes interviewées à la catégorie au nom de laquelle était menée l’enquête. On comprend mieux, alors, les formes variables prises par les investissements politiques des précaires, notamment « intellectuels », ainsi que les limites de leurs chances de prendre consistance.

Lien vers le texte intégral de la thèse.





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