Laboratoire du Changement Social et Politique


Colloques


Les masters


Plateforme des savoirs critiques


Revues et collections


Liens externes


Dernières Parutions





Sécurité sociale et écologie au 21e siècle



Dans la débâcle économique présente, nous héritons des luttes de classes passées d’un trésor : les institutions de la sécurité sociale (maladie, retraite, chômage, famille). En France, nous fêtons les soixante dix ans de l’ordonnance du 4 octobre 1945 prévoyant la création d’un réseau coordonné de caisses et la loi du 22 mai 1946 posant le principe de la généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble de la population.

Loin d’être marginalisées comme on le dit parfois, ces institutions pèsent pour près du quart de la valeur économique, dans les principaux pays d’Europe de l’Ouest (Source : OECD / Social Security Expenditures Database). Elles sont d’une importance cruciale pour qui ne possède pas des moyens suffisants pour se prémunir contre les accidents de la vie. Bien que la tendance à l’étatisation – en particulier pour la famille et la santé – soit manifeste, la sécurité sociale pourrait assurer, sans recours à l’Etat, un bien public dont chacun et chacune peut jouir, sans avoir rien à vendre. Elles reconnaissent une valeur économique non capitaliste à des personnes et à leur travail : le travail des soignants, des chômeurs, des retraités, des parents...

La sécurité sociale a évolué et doit encore évoluer. Ne peut-on étendre encore les institutions de la sécurité sociale ? Toutefois les mouvements politiques et syndicaux allant dans ce sens ne peuvent plus faire l’impasse sur la réalité de la crise écologique que nous connaissons. De même les mouvements d’écologie politique gagneraient à reconnaître le potentiel d’émancipation propre à la sécurité sociale.

Un argument souvent entendu est qu’une condition nécessaire à son financement est la croissance la plus forte possible de la valeur économique, laquelle se trouve être une des causes structurantes de la dégradation écologique... Que serait une sécurité sociale dans une société sans croissance ? Pour la plupart des économistes, une décroissance ne peut pas se comprendre autrement que comme une récession. Ne pourrait-on pas envisager à la fois sobriété écologique et hauts niveaux de sécurité sociale ? Le débat mérite à nos yeux d’être repris à nouveaux frais.

L’écologie politique participe quant à elle trop souvent à la perte de sens historique de la sécurité sociale. Alors que le vocabulaire de la « charge sociale » s’est largement imposé, et que la sécurité sociale est présentée comme une dépense qu’il s’agirait de réduire au nom de la compétition économique, certaines propositions écologistes soutiennent cette perspective, notamment celles en faveur de mesures fiscales « vertes » de type écotaxe dont il faudrait attendre un « double dividende » : réduire les émissions polluantes et diminuer les cotisations sociales pour favoriser l’emploi sans changer le volume des « prélèvements sociaux ». Les travailleurs ne sont-ils pas alors, comme par le passé, sommés de réduire leur « coût » ?

Comment sortir de l’impasse ? Quels sont les liens entre écologie et sécurité sociale ? Cette question engage une réflexion pluridisciplinaire touchant l’histoire, la sociologie, l’économie et bien d’autres disciplines. Elle pose des questions théoriques sur le statut de la valeur. Elle appelle également des réflexions de la part d’acteurs historiques de la sécurité sociale. Peut-on sur la base de son fonctionnement tracer un chemin pour une sobriété écologique ? La sécurité sociale recèle-t-elle un potentiel révolutionnaire qui puisse être mobilisé à nouveaux frais ?

Nous appelons à un large débat sur ces questions, à nos yeux essentielles.

Colloque Sécurité sociale et écologie au 21e siècle,

Université Paris 7 Diderot, Amphi Türing, 30 mai 2016. 9h / 18h. Entrée gratuite.
Bâtiment Sophie Germain.

***Conseil scientifique : Pierre-Yves Chanu (CGT), Fabrice Flipo (LCP,Paris 7), Bernard Friot (IDHES, Paris 10), Corinne Gobin (GRAID, ULB), Mathieu Grégoire (IDHES, Paris 10), Jean-Paul Higele (2L2S, Univ de Lorraine), Jean-Claude Salomon, Frédéric Pierru (CERPAS, Lille 2)

PROGRAMME

** Matinée. 9h. Quel avenir de la Sécurité sociale face à la crise écologique ?

Fabrice Flipo, TEM-LCSP, philosophe, Écologie et sécurité sociale, écologisme et mouvement ouvrier.

Janssen Jorg, Institut Européen du Salariat, The cultivation of natural ressources an integral part of social security.

Teper Bernard, co-animateur du Réseau Éducation Populaire, Du déjà là de la Sécu de 1945 à la République sociale, alternative au néolibéralisme.

Bayon Denis, Recherche et Décroissance, Friot Bernard, Institut Européen du Salariat, Le financement de la Sécurité sociale dépend t-il de la poursuite de la croissance économique ?

**Après-midi. Quels exemples concrets de nouveaux liens entre travail, salariat et écologie ?

Andrian Lanja, Syndicat de la Médecine Générale, Surmédicalisation, Surdiagnostics et surtraitements et sobriété écologique.

Cognard Sylvie, Kayser Marie, Syndicat de la Médecine Générale, Les maladies que l’on pourrait éviter.

Zarka Samuel, LISE, CNAM, À la recherche des « emplois verts ». Développement durable et salaire : le cas du bâtiment.

Khaouni Diffalah, philosophe, Université Paris VII Diderot, L’écologie une nouvelle question sociale.

**Clôture. 18h





Documents

(pdf, 93 ko).
(pdf, 248.1 ko).
(pdf, 345.9 ko).
(pdf, 135.3 ko).
(pdf, 73.8 ko).
(doc, 64.5 ko).


Calendrier

  • lundi 30 mai 2016, 09h-18h30, Bâtiment Sophie Germain.
    Dans la débâcle économique présente, nous héritons des luttes de classes passées d’un trésor : les institutions de la sécurité sociale (maladie, retraite, chômage, famille). Loin d’être marginalisées comme on le dit parfois, ces institutions pèsent pour près du quart de la valeur économique, dans les principaux pays d’Europe de l’Ouest (Source : OECD / Social Security Expenditures Database). La sécurité sociale a évolué et doit encore évoluer. Ne peut-on étendre encore les institutions de la sécurité sociale ? Toutefois les mouvements politiques et syndicaux allant dans ce sens ne peuvent plus faire l’impasse sur la réalité de la crise écologique que nous connaissons. De même les mouvements d’écologie politique gagneraient à reconnaître le potentiel d’émancipation propre à la sécurité sociale. Que serait une sécurité sociale dans une société sans croissance ? Ne pourrait-on pas envisager à la fois sobriété écologique et hauts niveaux de sécurité sociale ? Le débat mérite à nos yeux d’être repris à nouveaux frais.


Mentions légales | Espace privé