Laboratoire du Changement Social et Politique


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L’approche biographique. Portée et limites heuristiques d’une approche protéiforme



Journée d’études organisée par le Laboratoire de changement social et politique
(en partenariat avec le RT16 « Sociologie clinique » de l’AFS).

MARDI 10 MARS 2015

UFR Sciences sociales – Université Paris 7 - Amphithéâtre Turing

Programme de la journée d’études :

  • Accueil. Amphithéâtre Turing – 10h
  • Introduction, par Pascal Fugier (Laboratoire de changement social et politique, université Paris 7) – 10h30
  • 1ère table ronde. L’inscription des parcours biographiques dans des matrices socialisatrices et leur contexte social-historique d’émergence 10h45-12h30 – Modérateur : Pascal Fugier

- Frédérique Giraud, Émilie Saunier et Delphine Moraldo (Centre Max Weber, équipe « Dispositions, Pouvoirs, Cultures, Socialisations », ENS Lyon), Des enjeux théoriques aux usages empiriques de la méthode biographique en sociologie. Etudes de cas
- Philippe Cardon (Maître de conférences en sociologie à l’Université Lille 3 / CeRIES), co-responsable du bureau RT22 « Parcours de vie et dynamiques sociales » de l’AFS, L’approche biographique à l’épreuve des contextes sociaux. Les changements d’échelle dans l’etude des dynamiques sociales
- Catherine Negroni (Maître de conférences en sociologie à l’Université Lille 3 / Clersé), co-responsable du bureau RT22 « Parcours de vie et dynamiques sociales » de l’AFS, Parcours de vie et approche biographique : réflexion autour d’une démarche sociologique

  • 2ème table ronde. Approche biographique, processus de subjectivation et pratique clinique – 14h-15h30 – Modératrice : Clarisse Lecomte

- Jacqueline Barus-Michel (professeur émérite des Universités, Laboratoire de Changement social et politique, université Paris 7), Différentes façons de parler de soi mais à qui et pourquoi ?
- Audrey Parron (chercheure post doctorante à l’EHESS (Paris) et associée au LISST-CERS, Toulouse), Travail biographique et normalisation : de la parole sur soi à la parole collective

  • 3ème table ronde. De l’approche biographique à la recherche biographique comme épistémologie – 15h30-17h – Modératrice : Florence Giust-Desprairies

- Juan Carlos Pita Castro (maître-assistant à l’Université de Genève) et Katja Vanini De Carlo (professeure formatrice et chercheuse à la Haute Ecole Pédagogique du Canton de Vaud à Lausanne), Orientations de recherche biographique et cadrage épistémologique : l’héritage de Genève aujourd’hui
- Christophe Niewiadomski (professeur en sciences de l’éducation à l’université de Lille 3 – directeur du CIREL), Le cadre et les objets de la recherche biographique

  • Clôture de la Journée d’études, par Vincent de Gaulejac (professeur émérite des Universités, Laboratoire de Changement social et politique, université Paris 7) – 17h-17h30

Comité d’organisation :
Pascal Fugier (LCSP/Paris 7 – responsable RT16 AFS)
Florence Giust-Desprairies (LCSP/Paris 7)
Fabienne Hanique (LCSP/Paris 7)
Clarisse Lecomte (LCSP/Paris 7 – bureau RT16 AFS)

Contact : Pascal Fugier (pascal-fugier@orange.fr)

Lieu  : Université Paris 7-Denis Diderot - Amphithéâtre Turing – Bâtiment Sophie Germain – Croisement rue Alice Domont et Léonie Duquet et Avenue de France – 75013 Paris
Accès  : Station François Mitterrand du métro ligne 14 ou RER C.

Argumentaire

Dans le prolongement de la publication d’un dossier thématique consacré à « L’approche biographique » dans le n°17 de la revue ¿ Interrogations ? (coordonné par Pascal Fugier, en janvier 2014, http://www.revue-interrogations.org/-No17-L-approche-biographique-), le Laboratoire de changement social et politique, en partenariat avec le réseau thématique « Sociologie clinique » de l’Association Française de Sociologie, organise une journée d’études le mardi 10 mars 2015 afin de débattre de la portée et des limites heuristiques de l’approche biographique, dans ses différentes modalités et finalités.

Nous souhaitons présenter et confronter différents dispositifs et méthodes de recherche centrés sur la production et l’analyse de récits de vie (individuels/en collectivité ; écrits/oraux ; récits biographiques, autobiographiques, de pratiques professionnelles…). Nous attendons notamment une réflexion concernant l’usage et le croisement de différents outils et supports mobilisés pour mettre en perspective les récits, comme les lignes de vie, des dérivés de la méthode photolangage, le portrait sociologique, le portrait photographique, la cartographie cognitive, le génogramme, l’arbre généalogique, sans oublier le possible croisement des récits (auto)biographiques avec d’autres techniques d’enquêtes "classiques" (entretiens semi-directifs, observations, études documentaires, analyses statistiques). Un des enjeux des communications pourrait être d’évaluer la portée opératoire de ces outils afin de d’effectuer des connexions entre les récits de vie et les principales instances d’analyse (mythique, sociale-historique, institutionnelle, organisationnelle, groupale, individuelle et pulsionnelle, pour nous référer aux travaux d’Eugène Enriquez).

Une autre problématique que nous souhaitons explorer est celle de la pluri-, l’inter- ou encore la transdisciplinarité au sein de laquelle peut être mise en œuvre cette approche (en mobilisant l’anthropologie, la littérature et les lettres modernes, la psychologie, les sciences de l’éducation, la sociologie...).

De même, il s’agit de débattre du sens donné à cette approche, entre le primat accordé à la production d’une connaissance scientifique déconstruisant la parole des enquêtés et celui de participer à un processus de conscientisation, au sein de dispositifs de formation, de recherche-action ou d’interventions engagés dans une démarche émancipatrice et de changement du sujet. On peut alors se demander comment le récit de vie peut à la fois constituer un objet d’étude à déconstruire et un support de réflexivité suscitant des déplacements subjectifs.

Or, face à l’hétérogénéité des pratiques de recherche et d’intervention centrées sur la production et l’analyse de récits de vie se dégage un nouveau champ de recherches, la recherche biographique . Il a pour objet d’études les processus de construction du sujet qui s’opèrent à travers la mise en forme de leurs expériences. La construction du sujet est ainsi conçue comme un processus de biographisation au sein duquel les sujets mobilisent et reconfigurent des schémas, des formes et des figures narratives, qui sont notamment le terrain de confrontations entre des « biographies d’expérience » et des « biographies typiques » (A. Schütz, 1981 ; C. Delory-Momberger, 2014). Cette journée d’études sera l’occasion de de discuter de la constitution de ce nouveau champ de recherche, qui marque le passage du matériau biographique appréhendé comme pratique de recherche à celui de socle épistémologique. Quelles sont les conditions sociales-historiques d’émergence et de possibilité d’un tel champ de recherche ? Sa portée heuristique est-elle réductible au contexte de la postmodernité (quelle place pour la recherche biographique dans des configurations historiques et des espaces sociaux contemporains où la biographie n’est pas au centre de la sphère sociale) ? Comment la recherche biographique parvient (ou pas) à intégrer, relier et reconfigurer les diverses approches biographiques dans une seule et même épistémologie ?

Par-delà ces quelques pistes de recherche, il s’agit systématiquement de se demander quelles sont les spécificités et quels sont les apports de l’approche biographique (comme pratique de recherche et/ou d’intervention) et de la recherche biographique (comme champ de recherche), mais aussi quels sont leurs possibles écueils et limites (d’ordre axiologique, méthodologique et épistémologique) ? On peut notamment revenir sur la manière dont les tenants d’une approche biographique intègrent et se confrontent aux critiques dont l’approche fait l’objet, quand elle est par exemple considérée comme une approche subjectiviste, une expérience aliénante (une injonction à se raconter) ou encore comme une « illusion » (Pierre Bourdieu) et une « idéologie » (Philippe Lejeune) ?
Nous souhaitons donner à cette journée d’études un caractère collégial, qui prenne la forme d’une disputatio. Toutes les communications seront effectuées dans le cadre d’une table ronde. Elles seront d’abord l’objet de commentaires et interrogations par un discutant, puis par les autres communicants et l’ensemble des auditeurs.





Documents

Plan Amphi Turing (pdf, 1.5 Mo).


Calendrier

  • mardi 10 mars 2015, 10h-17h30, Université Paris 7 - Amphithéâtre Turing – Bâtiment Sophie Germain – Croisement rue Alice Domont et Léonie Duquet et Avenue de France.
    Journée d’étude - organisée par Pascal Fugier


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